Le Concours National de la Résistance et de la Déportation (CNRD) continue d’évoluer afin de proposer aux élèves des modalités de travail novatrices et engageantes. Pour la session 2025-2026, l’académie de Normandie a expérimenté une nouvelle épreuve intitulée « En quête d’histoire : une journée, une enquête, l’Histoire augmentée ». Cette initiative originale vise à renouveler les approches pédagogiques de l’enseignement de l’histoire tout en conservant l’exigence scientifique qui caractérise le concours.
Une enquête historique grandeur nature
Cette nouvelle modalité repose sur un principe simple : placer les élèves dans la posture de l’historien confronté à un dossier d’archives. Durant une journée, collectivement, les élèves ont dû mener une véritable enquête historique à partir d’un corpus documentaire fourni le matin de l’épreuve. Leur objectif était de produire un rapport d’enquête argumenté répondant à une problématique liée au thème annuel du concours.
Pour la session 2025-2026, les travaux s’inscrivaient dans le thème national : « La fin de la Shoah et de l’univers concentrationnaire nazi. Survivre, témoigner, juger (1944-1948) ».
Cette démarche a invité les élèves à mobiliser leurs connaissances historiques, mais également à développer des compétences essentielles : analyse critique des sources, croisement des informations, formulation d’hypothèses, argumentation et rédaction d’une synthèse structurée.
Une démarche active au service de l’esprit critique
À travers cette épreuve, l’académie de Normandie souhaite renforcer la dimension d’investigation propre à la discipline historique. Les élèves ne sont plus seulement amenés à restituer des connaissances : ils doivent les construire en interrogeant et confrontant les documents, en identifiant les indices pertinents et en élaborant progressivement leur démonstration.
L’une des originalités de cette expérimentation réside également dans l’intégration raisonnée de l’intelligence artificielle. Après une matinée à analyser les archives, et donc seulement l’après-midi, les participants peuvent mobiliser un outil d’IA générative à partir d’un prompt imposé, conçu pour les placer dans une véritable posture d’historien. L’objectif n’est pas de déléguer l’analyse ou la rédaction à l’IA, mais d’utiliser celle-ci comme un outil d’accompagnement permettant de questionner les sources, d’explorer des pistes de réflexion ou d’enrichir la démarche d’enquête. En leur proposant de devenir experts du sujets à travers l’analyse du corpus dans dans premier temps, en interdisant l’usage d’Internet et de l’IA le matin, l’épreuve oblige à interroger le sujet et les documents, elle permet aux élèves de devenir experts du thème. L’IA devient ainsi un support méthodologique au service du raisonnement historique, sans jamais se substituer au travail d’analyse, d’interprétation et d’argumentation attendu des candidats.
Cette approche favorise l’autonomie, l’engagement des élèves et le développement de compétences transversales particulièrement utiles dans les parcours de formation des lycées généraux, technologiques et professionnels. Elle contribue également à faire vivre concrètement les méthodes de l’historien tout en développant une culture critique des usages de l’intelligence artificielle.
Une expérimentation normande prometteuse
Organisée pour la première fois en Normandie, cette épreuve s’est ajoutée aux catégories traditionnelles du CNRD. Les premiers retours des équipes pédagogiques soulignent l’intérêt de cette modalité fondée sur la recherche documentaire et l’enquête historique. Les enseignants ont remarqué une implication accrue des élèves et mis en exergue la qualité des productions réalisées.
De la troisième au BTS, plus de 360 élèves normandes ont expérimenté cette épreuve cette année.
Une ressource inspirante pour les enseignants
Au-delà du concours lui-même, cette épreuve constitue une source d’inspiration pour les enseignants souhaitant développer des démarches d’enquête en classe. Elle illustre la manière dont l’analyse de documents, la résolution de problèmes historiques et la construction d’un raisonnement peuvent être mises au service des apprentissages et de l’éducation à l’esprit critique.
L’expérimentation montre également qu’il est possible d’intégrer l’intelligence artificielle dans un cadre pédagogique exigeant, où celle-ci demeure un outil au service de la réflexion des élèves.
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